Strategy

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Du Steward ownership au Nature Ownership

Du Steward ownership au Nature Ownership

Du Steward ownership au Nature Ownership

2 janv. 2026

Est-il possible de considérer le rendement financier comme un moyen, et non comme une finalité ?

Oui, nous disent les acteurs du steward-ownership, un mouvement réunissant plus de 3000 entreprises. Aujourd’hui, il est toutefois nécessaire de faire évoluer ce modèle, afin de mettre la propriété de l’entreprise au service de la nature.

Les avantages du steward ownership

En mettant une partie du capital dans les mains d’une fondation ne pouvant être revendue ni rachetée, le  steward-ownership permet aux entreprises de se prémunir contre la spéculation et les évolutions indésirables de leur cap table. C’est notamment ce qu’a fait Buurtzorg, une société néerlandaise par ailleurs connue pour son management auto-organisé. Le steward-ownership peut également servir une stratégie plus large d’entreprise : chez Mozilla, par exemple, il s’agit de sanctuariser une raison d’être ; et chez Carlsberg, il s’agit pérenniser un actionnaire réfléchissant sur le temps long. 

Concrètement, les principes structurant le steward-ownership invitent à dissocier, au sein de l’actionnariat, les prérogatives économiques et politiques. D’un côté, les investisseurs financiers n’ont ainsi droit qu’à des prérogatives économiques, consistant à toucher des dividendes. Et de l'autre, les prérogatives dites politiques (élaboration de la stratégie, choix des dirigeants, etc.) sont détenues par des “stewards”, c’est-à-dire par des gardiens de la vision long-terme de l’entreprise. 


Les modèles de steward ownership

Il existe différents montages juridiques et divers modes de gouvernance pour appliquer ce modèle. Le plus souvent, cela implique de céder, de façon irrévocable, une part du capital de l’entreprise à une fondation actionnaire. Deux scénarios sont alors possibles. Soit la fondation détient une part majoritaire du capital, et l’opération acquiert alors un caractère philanthropique puisqu’une part égale de dividendes est redirigée vers des actions d’intérêt général. Soit la fondation détient une part minoritaire du capital, ce qui implique de lui céder une “golden share” afin de garantir son influence sur la stratégie de l’entreprise.

Une golden share est une action assortie de droits spéciaux. Pour préserver la mission de l’entreprise, cette action offre donc à la fondation un droit de veto sur certaines décisions stratégiques. Si le champ de ce veto est à déterminer avec l’entreprise au cas par cas, il couvre habituellement des sujets tels que : évolution du capital, vente de la société, modifications des statuts, changement de la raison d’être, distribution des prérogatives actionnariales politiques, choix des dirigeants, etc.


Un modèle à repenser pour sanctuariser l'impact

Comme le soulignent les représentants de ce mouvement, le steward-ownership ne s’oppose pas à des stratégies de croissance ou de rentabilité. Bien au contraire, puisque des entreprises telles que Novo Nordisk, Bosch, Open AI ou Ikea ont confié une partie de leur capital à des fondations. Or ces quelques exemples doivent nous interpeller. En effet : si le steward-ownership séduit des entreprises ayant une mission résolument sociétale ou environnementale (ex : Buurtzorg ou Ecosia), d’autres sont en revanche régulièrement critiquées pour leurs impacts sociaux ou écologiques (ex : Open AI ou Ikea). 

En d’autres termes, si le steward-ownership permet de servir les intérêts de long-terme d’une entreprise et de verser une partie des dividendes pour des projets d’intérêt général, rien ne garantit que ce stewarship soit positif pour d’autres parties prenantes telles que les humains ou la planète. Face aux limites du modèle traditionnel, le steward-ownership commence donc à se reconfigurer sous la forme de ce que nous suggérons d’appeler “nature-ownership”. 

L’exemple le plus connu est peut-être celui de Patagonia, qui a choisi en 2022 de confier 98% de son capital à une fondation de protection de l’environnement. Cet exemple est toutefois incomplet puisque ce sont les prérogatives économiques qui ont été cédées à cette fondation. Autrement dit, les prérogatives politiques (le pouvoir décisionnel) sont restées dans les mains du fondateur et de sa famille, qui détiennent les 2% d’actions ouvrant à des droits de vote sur la stratégie d’entreprise.


Plus fidèle à l’idée de nature-ownership nous semble être le cas de Norsys en France, puisque la fondation détenant 10% du capital de l’entreprise dispose cette fois de prérogatives économiques et politiques. Concrètement, cela signifie que la fondation dispose d’un droit de vote au conseil d’administration, au travers d’un administrateur nature spécifiquement recruté pour jouer ce rôle, et assisté d’un conseil scientifique. En complément, cet administrateur dispose même d’un droit de veto, ce qui fait de cette entreprise un pionnier en matière de green-share. 

Le Nature-Ownership, la voie à suivre

Moderniser le steward-ownership nous semble indispensable pour adapter cet outil, et plus largement la corporate governance, aux enjeux sociétaux et écologiques du XXIe siècle. En France, le contexte juridique permet d’ailleurs une telle modernisation, comme le soulignent les études publiées par Prophil, même si certaines incertitudes juridiques persistent quant aux prérogatives dont disposent les fondations actionnaires.

Pour en savoir, n’hésitez pas à nous contacter, ou à consulter nos publications sur le thème de la “nature actionnaire”. 

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Close-up of a dark green leaf showing its textured surface and central vein against a muted background.
Smiling young woman with long hair standing against a dark green background, holding a finger to her chin.
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Smiling young man with short hair poses against a dark background, wearing a green button-up shirt.
Close-up of a tree stump showing growth rings and a textured brown wood surface.
A smiling young man with crossed arms, wearing a plaid shirt and white t-shirt, poses against a dark background.

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